Une vie de peinture
Merveilleuse petite enfance dans le midi (var) bercée par le chant des cigales et du mistral. Souvenir de pin et de résine, de thym et de lavande, exaltant leur senteur sous la lourde chaleur de l'été. Tout un univers qui développa en moi une sensibilité presque exacerbée.
Puis une adolescence à Paris, un autre univers. Je découvre la vie bouillonnante de la ville et surtout j'ai la révélation de ce qui sera le déclencheur qui guidera ma vie : la peinture. Au Louvre, j'appréhende avec bonheur les peintures de Corot, Chardin, Ingres, Rembrandt.
Je prends des cours de dessin et de peinture à l'huile dans un atelier municipal dirigé par un professeur des beaux arts. J'obtiens au concours de la ville de Paris, la mention honorable: gratifiant et encourageant à 15 ans. Par la suite les obligations familiales ont mis au ralenti mes ambitions picturales.
Visites des galeries, du musée D'Orsay, du Grand Palais, découverte émouvante des peintures de François Legrand, de l'école d'Etampes, voilà ce qui me fit reprendre avec impatience les pinceaux. Je fais alors le choix de l'aquarelle.
Premières expositions en 1989 .Premiers prix.
Une vie de rencontres.
Au désir de peindre se joignit celui de partager en créant l'association des peintres de St Germain (Sarthe) qui nous permit d'organiser des rencontres passionnantes avec des peintres comme Cao Bei An, Morelle, Debusshère, Zacchi, Maussion, Claveau...
Il fallut des années de pratique, de recherche et de rencontres comme ce fut avec Jean Louis Morelle, pour maîtriser cette technique et m'amener d' un dessin aquarellé sur le motif, à une aquarelle révélant toute sa force, sa lumière et de recréer des atmosphères que j' apprécie tant.
Si les paysages ont été pendant très longtemps ma source d'inspiration, j'accorde à présent, plus de place à l'homme dans ses attitudes du quotidien ou du travail. Des sujets qui me permettent d'alterner l'aquarelle et l'huile.
Ma technique de l'aquarelle :
Je travaille essentiellement sur du papier Montval : ses caractéristiques me permettent de faire aisément des retraits.
Je choisis mes pigments en fonction de leur texture, de leur transparence, et de la réaction qu'ils auront entre eux. La marque m'importe peu.
Après un dessin épuré mais précis, je dépose l'eau en flaques les reliant entre elles par des réseaux et j'affine les réserves en anticipant les lumières. Je dépose alors les couleurs tour à tour en superposition, le mélange se faisant sur le papier (monté sur châssis) que j'incline. J'évite, ensuite et le plus possible, de les bousculer avec le pinceau afin de garder leur particularité et leur transparence.
Le dessin disparait, envahit par la couleur, et c'est alors que j'interviens avec patience et délicatesse par retraits, pour retrouver les formes désirées : un jeu, un défi, un réel plaisir.